Rrom, citoyens d'Europe

 




  




 

 
La grande majorité des Rrom émigrés en France est originaire de Roumanie et a commencé sa migration suite à la chute du dictateur Ceaucescu en 1989. La Roumanie connaît depuis lors des difficultés économiques très importantes liées au passage difficile à l’économie de marché.

Les Rroms sont arrivés en Moldavie et en Valachie au 14ème siècle et sont immédiatement devenus les esclaves des principautés.

En Roumanie, l’esclavage ne fut abolit que très récemment, en 1856. Depuis, l’idée d’une race inférieure persiste. « Ces tsiganes puants sont responsables de tout ce qui va mal en Roumanie Â» (Ion Bulucea - Maire de Cracovie-2001).

La situation des Rroms en Europe de l’Est et dans les Balkans a fait l’objet de nombreux rapports d’organisations intergouvernementales ou d’ONG internationales. Tous dénoncent les discriminations dont cette minorité est encore victime dans chacun des ses pays d’origine.

Une minorité partout discriminée ; c’est aussi le cas en France où leurs conditions de vie sont misérables. La vision sur les Rroms reste dans la plupart des pays très raciste, imputant à leur origine des stéréotypes : délinquance, fainéantise, saleté, incapacité à s’intégrer, à éduquer leur enfants… Ils  portent les stigmates d’un peuple persécuté, partout et de tout temps.

Les autorités européennes estiment la population Rrom au sein de l’Union européenne entre 10 à 12 millions.

Dans tous les pays, soit en raison d’un statut de minorité nationale soit en raison de l’absence de reconnaissance de la diversité culturelle, ils continuent d’être considérés comme « Ã©trangers de l’intérieur Â» malgré leur présence séculaire.

Les Rroms migrants présents sur le territoire français sont très majoritairement roumains, mais aussi bulgares ou en provenance de pays de l’ex-yougoslavie. Ils sont estimés d’après les ONG entre 5000 et 6000 personnes

En France, le discours de fermeté du gouvernement qui a déclaré souhaiter que tous les Rroms rentrent en Roumanie a conduit à de nombreux dérapages pour faire expulser par tout  moyen « ces indésirables Â».

En juillet 2003, j’ai participé à une mission d’enquête (à l’initiative de Médecins du Monde et de  la Fédération Internationale des Droits de l’Homme) destinée à évaluer les conditions de retour des Rroms renvoyés de France en Roumanie. A l’issue de la mission, le constat est sévère : le dispositif concerté entre les gouvernements français et Roumain de retour des Rrom Roumains dans leur pays n’est que duperie pour les Rrom et hypocrisie pour les citoyens français. Pire, en concentrant ses efforts sur une population qui cristallise toutes les haines, les expulsions et renvois des Rrom accentuent les stigmatisations dont ils sont déjà victimes dans les deux pays.
































































































































































































































































































































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