Ceuta

 

« La vie d’un homme n’est qu’un simple voyage d’apprentissage »  Omar, Ceuta. Décembre 1999.

 

 

                      De nulle - part à Calamoccaro, le voyage le plus long.







 

 

Situé dans l’enclave espagnole de Ceuta, Calamoccaro est un camp qui accueille des émigrants africains originaires de 27 pays différents. Anglophones, francophones d’Afrique noire et algériens se partagent l’espace du camp résolument saturé. La population y est en 1999 quatre fois supérieure à la capacité d’accueil prévue. Si chacun a son territoire, la solidarité s’impose pour vivre cette étape difficile. Pour la grande majorité d’entre - elles, ces personnes fuient la misère, les guerres, les dictatures et s’engagent sur le chemin de l’exil, seul gage d’avenir. Les plus chanceuses, après mille difficultés, parviendront à entrer dans l’enclave espagnole. Pour les autres, soit environ les deux tiers, le voyage s’arrêtera à la frontière ou bien simplement au grè d’une mauvaise rencontre, d’un pas mal assuré sur la longue route qui mène jusqu’à la porte de l’Europe.

Depuis 1983, 5.68 milliards de pesetas (de 16 à 20 millions de francs) ont été dépensés pour imperméabiliser la frontière. Le budget des travaux de cette muraille d’acier galvanisé voté selon une procédure d’urgence et financé à hauteur de 30% par l’Europe devrait tourner autour de 400 à 500 millions de pesetas. Les travaux débutés en juin 1999 devront prendre fin en février 2000. Le gouvernement espagnol anticipe sur ses statistiques qui prévoient 25 millions de candidats à l’exil issus du continent africain. La solution recherchée n’est autre que le détournement de ce flux migratoire et les travaux engagés auront certes leur efficacité, mais seulement localement.

La fermeture définitive de la frontière avec son réseau de caméras, de capteurs, ne découragera pas les candidats à l’immigration en Europe. Le représentant du gouvernement espagnol de Ceuta  reconnaît que l’on ne  parviendra probablement  qu’à dévier le flux migratoire vers d’autres itinéraires.

Il restera toujours la solution de franchir le détroit de Gibraltar, qui engloutit bon nombre de ceux qui tentent de le traverser sur de petites barques intrépides. Ceux là disparaissent sans laisser de traces.

« Vous ne pourrez jamais savoir nos souffrances ». Moussa, décembre 1999.

 

 

David Delaporte.

Décembre 1999.



























































































































































































































































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